Du 07 au 20 Septembre 2022, le Centre d’art et de culture La Grande Place situé à Tokpota, Porto-Novo a accueilli en résidence d’écriture Steven Adjaï et en résidence de recherche photographique Achille Adonon.
Le Tribunal du goût de Steven Adjaï
Commissaire d’exposition et spécialiste d’art, Steven Adjai développe depuis 2020 un projet d’écriture de pièce de théâtre intitulé « Le Tribunal du goût ». La pièce repose sur une histoire tragique, « une fiction sortie de nulle part pour porter un regard sur les questions du bon et du mauvais goût dans nos sociétés contemporaines. Que dit l’histoire sur cette problématique ? Comment écrire cette vérité qui peut être mortelle ?
Pour l’auteur, l’idée d’écrire « Le tribunal du goût » est née d’un constat : « nous aimons discuter du beau, du kitsch, et de ce qui peut être admis ou pas dans la création. Et si créer pouvait conduire à la mort ? Et si dire la vérité pouvait porter atteinte aux mœurs ? ».
Autant d’interrogations qui motivent l’inspiration de cette pièce écrite en V Actes. L’histoire s’inspire de la divinité Gou dont la première sculpture doit sa paternité à Akati EKPLEKENDO, sculpteur du royaume du Danxomè. Le tribunal du goût est une série de monologues qui met en scène plusieurs personnages. Durant sa résidence, le jeune curateur a achevé l’Acte I de la pièce.


Écorces des limbes de Achille Adonon
Artiste plasticien béninois, Achille Adonon a travaillé durant sa résidence sur une série de photographies baptisée « Écorces des limbes ». C’est un projet de recherche photographique porté par l’artiste depuis 2021 et curaté par Steven Coffi Adjaï. Le travail questionne l’homme et son rapport avec l’environnement. Il fait appel à des problématiques relatives aux plantes et aux fleurs, à la terre et ses ressources.
« Il s’agit d’un travail de documentation photographique qui porte sur la société du désastre, et des tares. L’habitude dans l’accomplissement de certains gestes humains qui obscurcit le ciel bleu, et qui transforme la planète terre en une terre brûlée. J’aurai pu dénommer les fruits de cette recherche Shoah, en référence à l’holocauste qui a abouti à l’extermination de millions de juifs par les nazis courant la seconde guerre mondiale. « Écorces des limbes » aurait pu également trouver une unité de ce sens dans le titre « Larves incandescentes ».
Certes, le fond des recherches photographiques s’est peut-être intéressé à cette problématique, à l’avènement d’une déchéance humaine marquée par les décharges et les matières mortes. Ce projet porte peut-être une tare, celui de traiter du vernaculaire pour évoquer une image-monde. Nous détruisons et reconstruisons chaque jour le monde : Qu’est-ce qui reste dans les limbes de ces phénomènes « de la vie en mouvement » après ces gestes ? Cette interrogation est peut-être le propos général de cette quête de la sensibilité plastique des restes… ».


Le Samedi 17 Septembre 2022 à 10h dans le cadre de sa résidence, l’artiste Achille Adonon a animé un atelier de dessins sur chaussures avec les enfants dans la salle polyvalente de La Grande Place.