Maires, chefs d’arrondissement et chefs villages sont tous prêts pour recevoir les artistes sur l’eau.
Démarré depuis le mois de septembre 2022, le projet « Immersion au bord du lac Nokoué, les artistes chez vous » mis en œuvre par l’association « Place o scéno » avec le financement de l’Union Européenne et le support du Secrétariat de l’OEACP-Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique dans le cadre du programme ACP-UE CULTURE (Afrique de l’Ouest) -AWA s’apprête à amorcer la phase ultime : déployer les créations artistiques dans les cités lacustres.
Nous sommes en Décembre, et selon l’agenda du projet, les artistes, comédiens, conteurs et marionnettistes vont faire irruption sur le lac nokoué dans les communes des Aguégués et de Sô Ava avec des spectacles à présenter gratuitement à la population lacustre grâce à l’ingénierie scénographique qui installera sur l’eau une scène flottante mobile. C’est en prélude à cette activité importante du projet que l’équipe de coordination, en dépit des démarches précédentes déjà effectuées auprès des autorités, s’est à nouveau déplacée en fin du mois de novembre pour préparer avec les chefs des lieux, la programmation des spectacles. Une programmation qui s’étendra sur deux mois à partir du mois de Décembre. Ceci, pour toucher une trentaine de villages lacustres.
Il faut dire que cette activité fait suite à deux autres actions importantes déjà réalisées que sont la médiation et la production. Et une troisième en cours d’achèvement qu’est la construction de scène flottante devant accueillir les spectacles sur l’eau. La première action a permis, aux dires des organisateurs, de recueillir des données significatives sur la perception des riverains au sujet des ODD 4, 6 et 14. Puis d’aborder avec eux la problématique de la gestion durable des ressources de l’eau. L’action a favorisé la production d’un spectacle de théâtre qui se rapproche plus des populations, qui représente leur propre miroir et est axé sur les différents sujets abordés avec eux.
Les chefs de villages enthousiasmés, les maires fiers d’accueillir ce projet chez eux, les organisateurs optimistes, tout le monde s’affaire pour que les jours prochains consacrent la concrétisation de cette dernière étape de ce projet ; une initiative dont l’innovation et l’originalité résident dans la construction et l’utilisation d’une plateforme flottante à des fins artistiques, un chef d’œuvre du scénographe Abdoulaye Farouk, président de l’association Place ô scéno.
« Immersion au bord du lac Nokoué, Artistes chez vous » est un projet de création, production et de diffusion sur le numérique et dans 30 lieux au bord du lac Nokoué d’un spectacle de théâtre et de marionnette autour des thématiques de l’éducation pour tous et de l’implication des populations dans la gestion rationnelle des ressources du lac Nokoué. L’initiative vise à rapprocher les activités culturelles des zones éloignées de l’offre culturelle notamment les villages de pêcheurs des communes lacustres de Sô Ava et Aguégués.
« Immersion au bord du lac Nokoué, Artistes chez vous » entre dans sa phase opérationnelle
Dans le processus de la mise en œuvre de ce projet, l’association Place O Scéno a lancé du 25 Août 2022 au 17 Septembre 2022 un appel à candidatures. Cet appel a conduit au recrutement de deux animateurs communautaires et de dix artistes conteurs et marionnettistes. Cette phase de recrutement achevée, les acteurs s’implantent dans les communes lacustres de Sô Ava et Aguégués jusqu’au 16 Février 2023 pour des interventions axées sur trois volets principaux :
La médiation : elle consiste à l’initiation des ateliers d’échanges et de discussion avec les populations des communautés lacustres autour de la thématique de l’éducation pour tous et de l’implication des populations dans la gestion rationnelle des ressources du lac Nokoué;
La construction d’une scène flottante: il s’agit de la fabrication d’une scène flottante démontable et déployable en milieu lacustre permettant la diffusion des spectacles dans des lieux déserts de centres culturels ou d’espaces de représentation;
La production : elle prend en compte la création et la diffusion d’un spectacle de théâtre et de marionnette axé sur les sujets principaux du projet et susceptible de nourrir les discussions sur les thématiques abordées ;
Les animations : c’est l’organisation de 30 soirées d’animations culturelles dans 30 espaces riverains du lac Nokoué avec les artistes locaux et bien d’autres.
Tous les Conseillers pédagogiques de l’Éducation Physique et Sportive du Corps de contrôle de l’Ouémé-Plateau, conduit par le coordonnateur des Chefs Pédagogiques, Monsieur ZOCLANCLOUNON Emmanuel ;
Les praticiens du sport (Enseignants d’EPS et Encadreurs des classes sportives) ;
Pendant trois heures (11h à 14h) les participants, après avoir salué l’initiative, ont passé au peigne fin le compte-rendu des travaux effectués dans le cadre de la première règlementation des courses aux pneus présenté par Elvis Patinvoh, enseignant d’Éducation Physique et Sportive. Des faiblesses délicates ont été soulevées, des recommandations pertinentes ont été formulées et des inquiétudes majeures ont été évoquées dans le but d’améliorer le caractère scientifique et technique du règlement qui se veut un document référence de renseignement sur toutes les dispositions nécessaires à la pratique locale, nationale et internationale des courses aux pneus.
Il ressort des différentes interventions la nécessité de valider un code dont les dispositions matérielles, techniques, logistiques, humaines, compétitives, sécuritaires et organisationnelles sont proches de celles des sports apparentés comme l’athlétisme et facilitent surtout la pratique.
L’après-midi de cette journée a été consacré à une implémentation sous la forme d’une démonstration des courses aux pneus avec des athlètes sélectionnés à cet effet. L’expérience s’est déroulée sur le terrain de Sport du Collège d’Enseignement Général d’Ikpinlè II sous l’arbitrage et la supervision des techniciens séminaristes. Pendant deux heures (15h à 17h), les 48 élèves participants, par catégorie d’âge se sont exhibés, pneus en main sur des distances allant de 60 à 100 mètres.
L’événement s’est achevé vers 18h dans un climat de satisfaction générale et dans l’espérance chez chacun de voir naitre dans les prochaines semaines une règlementation nationale sur les courses aux pneus.
Le contexte
En 2018, Zadok-Ange HOUNKPATIN, Professeur d’éducation Physique et sportive et acteur culturel a découvert le potentiel physique de cette activité dans le département du Plateau et en a vu une opportunité pour le Bénin. En 2019, l’artiste engage une tournée d’exploration-recherche dans le département pour mieux appréhender la pratique de cette activité par les enfants. Avec l’appui et orientations des collègues professeurs d’EPS Elvis KPATINVOH et Borgias HOUEDIN, sous la couverture du REPAC-SJ-BENIN dont il est fondateur, trois années d’exhibition et d’implémentation des courses aux pneus ont été engagées. Cette phase expérimentale de trois ans devait permettre d’évaluer les contours réglementaires, compétitifs et sécuritaires de l’activité en vue d’aboutir à un tout premier code des courses aux pneus à vulgariser. C’est ainsi qu’il a été organisé les challenges d’exhibition des courses aux pneus le 20 Décembre 2020 à Pobé, et les Olympiades des courses aux pneus le 21 Décembre 2021 à Ikpinlè.
En marche vers la valorisation et la reconnaissance des jeux traditionnels d’enfance
Le séminaire-atelier organisé par le REPAC-SJ-BENIN sur la codification des courses aux pneus vient nourrir davantage les réflexions sur l’importance de la valorisation et la vulgarisation de nos jeux traditionnels. Nul ne peut nier aujourd’hui la léthargie dans laquelle se retrouvent nos loisirs traditionnels depuis quelques décennies. Les tendances modernes ou occidentales ont monopolisé le marché des jeux et des loisirs dans notre pays. Pourtant, ils font partie intégrante de nos cultures, de nos traditions et donc indispensables dans le processus de développement.
L’heure a peut-être sonné pour que les pouvoirs publics s’investissent plus que jamais dans la valorisation des jeux et des sports traditionnels à l’instar de la dévotion politique notée dans les industries sportives modernes telles que le football. En tout cas, c’est l’espérance que nourrissent les promoteurs de la course aux pneus. Ils s’activent déjà pour la correction et la sortie dans les prochaines semaines du code officiel des courses aux pneus. Vivement que les autorités concernées s’activent aussi en son temps pour que le combat ne soit vain.
Face au déclin des loisirs traditionnels au Bénin et le faible accès des populations de la vallée de l’Ouémé à l’offre culturelle et ludique, Didas Vodounou et ses collaborateurs de AFRIDAC initient des « Moments Éducatifs et Ludiques » (MEL) à Atchonsa dans la commune de Bonou. Avec l’appui financier du Fonds National pour le Développement des Activités de Jeunesse, Sport et Loisirs(FNDAJSL), le projet vise à promouvoir les talents de 50 jeunes à travers la pratique des jeux et l’accès de la population aux loisirs sains et divertissants.
Le déroulement
Mobilisés grâce au leadership et au dynamisme du comité d’organisation et des acteurs locaux, les cinquante (50) jeunes participants ont été répartis par groupe de dix (10). Sous la conduite d’une équipe d’encadrement mis sur pieds et un jury averti constitué, les participants ont compéti dans 5 disciplines à raison de 10 candidats par discipline. Il s’agit des jeux de claquette traditionnellement appelés (bountou), de football penalties, de chaises musicales, de cartes pique et de la danse traditionnelle. Au terme des différentes épreuves, les deux meilleurs de chaque catégorie ont été récompensés.
Organisateurs et bénéficiaires satisfaits
L’événement, démarré déjà à 8h a pris fin aux environs de 15h sous la satisfaction de tous et de chacun. L’activité a permis aux enfants de marquer une petite pause et de profiter de quelques moments de détente, de distraction et d’épanouissement à une période où ils sont absorbés par les emplois du temps scolaires. Elle a notamment permis aussi bien aux bénéficiaires qu’aux organisateurs de renouer le lien avec nos loisirs traditionnels en voie de disparition et d’appréhender davantage leur contribution à l’éducation de la jeunesse de Bonou.
Pour le Directeur de AFRIDAC, Mr Didas Vodounou, la perspective est de multiplier de pareilles actions dans Bonou. L’initiative se veut donc pérenne et surtout déclencheur de pistes de réflexions et de travaux pouvant concourir à la mise en place d’infrastructures ou d’espaces de loisirs et de culture dans la localité. C’est à juste titre que le Chef de l’arrondissement d’Atchonsa représentant le Maire de Bonou, Mr SONON Wouton, évoque le besoin de la commune de disposer d’un centre de loisirs, un besoin partagé aussi dans le rang des participants.
Zoom sur nos Centres de Jeunes et de Loisirs (CJL)
Les centres de Jeunes et de Loisirs sont par excellence des lieux publics de culture, d’échanges et d’apprentissage pour les enfants, les jeunes mais aussi les adultes. Au Bénin, l’état des lieux révèle l’isolement des centres de loisirs dans la vie éducative, culturelle et artistique des jeunes car souffrant d’un manque de soutien des pouvoirs publics, d’une mauvaise gestion, d’un faible investissement en ressources matérielles, logistiques, financières et humaines par les institutions publiques et privées. A cela s’ajoute parfois le faible engouement des populations locales aux offres de loisirs de ces espaces. De nos jours, les centres artistiques et culturels privés ou semi-privés semblent ravir la place aux centres de loisirs qui n’impressionnent que par la vitalité des murs délabrés et défraichis, la sonorité des reptiles qui y siègent et la sévérité des immondices qui les décorent.
A la lumière de ces tristes réalités, il s’avère important que les acteurs à divers niveaux, les voies autorisées marquent une pause pour réfléchir aux moyens et stratégies à mettre en œuvre pour que les centres de jeunes et de loisirs retrouvent leur titre de noblesse dans nos communes et dans notre pays en général.
La 4ème édition de la résidence d’écriture Filigrane « Écrire pour la marionnette » a connu son épilogue le 10 Novembre 2022 à Bobo Dioulasso. Démarrée le 27 Octobre 2022, cette initiative de la Compagnie du Fil vise la promotion de l’écriture dramatique au Burkina Faso et en Afrique. De façon spécifique, il s’agit de :
Amener les auteurs à la rencontre de l’art de la marionnette ;
Susciter la production de textes pour le théâtre et la marionnette ;
Renforcer les capacités opérationnelles des marionnettistes en Afrique.
Les participants
Cette 4ème édition a connu la participation de neuf (09) auteurs originaires du Burkina faso et du Bénin dont Ange Hounkpatin, comédien conteur retenus à la suite d’un appel à candidature.
Dans le cadre de cette résidence, l’artiste auteur béninois a travaillé sur « Un royaume de nulle part« , un texte qui raconte les aventures de trois inconnus : INTELLIGENCE, IMAGINATION, EXPÉRIENCE. Les trois protagonistes sont confrontés, chacun chez lui à des difficultés. « Ils quittent leur pays respectif pour une destination inconnue dans l’espoir d’une vie meilleure. Après avoir bravé plusieurs péripéties, ils se rencontrent tous les 3 égarés dans un milieu désert de présence humaine. Après quelques disputes, ils décident de conjuguer leurs efforts pour construire un nouveau départ. Mais les problèmes liés à leur différence et des questions de survie, favoriseront-ils l’atteinte de cet objectif ? ».
Les artistes renforcés
Sous l’encadrement d’une équipe de spécialistes du théâtre et de la marionnette coiffée par Ildevert Meda et composée de Boubacar Koba DAO, Moussa SANOU, Athanase KABRE, les capacités des jeunes dramaturges ont été renforcés à travers les modules suivants :
Le théâtre, entre littérature art du spectacle : la question du droit d’auteur ;
Situations et dramaturgie ;
Textes et mise en espace ;
Du texte de la marionnette ;
Une restitution de dédicace a clôturé la résidence le Jeudi 10 Novembre 2022 à 15h au centre Aniké.
Grâce à cette formation, Ange Hounkpatin et ses confrères ont découvert de nouvelles méthodes et techniques d’écriture dramatique pour peaufiner leur production en chantier.
Des spectacles de marionnettes en vue.
Avec les acquis de cette formation, les jeunes artistes désormais outillés détiennent les armes nécessaires pour produire des textes de qualité en faveur de la création des spectacles de théâtre de marionnettes.
Cet atelier dénote de l’intérêt que porte les acteurs culturels africains pour le développement de l’art de la marionnette en Afrique. Il participe notamment au renforcement des initiatives plurielles qui placent les arts de la marionnette au service de l’atteinte des objectifs du développement durable.
Les artistes satisfaits
A l’instar des formateurs et des dramaturges bénéficiaires, Ange Hounkpatin retourne au Bénin avec satisfaction et fierté. Bientôt, « Un royaume de nulle part » fera irruption sur nos podiums et nos écrans certainement. Vivement, que les fruits tiennent la promesse des fleurs.